samedi 30 mai 2015

Il n'y a pas de cours pour devenir parents

Un jour que j'étais enceinte de Bébé-Hibou, ma cousine m'a dit que même s'il n'y avait pas de cours pour enseigner à être de bons parents, l'information existait et il fallait aller la chercher. Sur le coup, je me suis dit que l'instinct maternel me guiderait certainement dans la bonne voie. Oh, que j'étais loin de la vérité!

En fait, chaque jour, je suis un peu plus d'accord avec elle. Je me rends compte que la majorité des idées sur la maternité et l'éducation que j'avais avant de m'informer sur ces sujets auraient fait de moi la mère que je ne veux pas être. Une mère autoritaire, inattentive, intimidante.

S'il est vrai que les auteurs ne connaissent pas votre enfant et que chaque enfant (et parent) est différent, il n'y a rien à perdre à prendre connaissance des études sur la maternité et l'éducation. Les causes et les conséquences de divers comportements y sont expliqués et vous permettent de faire un choix éclairé pour vos interventions.

Voici quelques uns des sujets sur lesquels j'avais tout faux. Si je n'avais pas pris la peine de m'informer, je n'aurais jamais su que...

  • Ce qu'on appelle généralement des caprices sont le symptôme d'autre chose. D'ailleurs, un caprice signifie que l'enfant manipule consciemment ses parents, ce qu'il n'est mentalement pas en mesure de faire avant l'âge d'au moins 4 ans. Ainsi, quand un bébé pleure la nuit et que son parent le prend dans ses bras, ce dernier ne vient pas de récompenser un caprice, il vient en fait de répondre au besoin de réconfort de son bébé. Même chose quand un bébé demande constamment les bras: il n'est pas en train de vous manipuler, il est probablement en pleine crise d'anxiété de séparation (ce qui est un très bon signe puisque ça signifie que le lien d'attachement est fort) et a besoin de savoir que vous êtes toujours là pour lui. Mon secret dans cette situation: le porte-bébé!
  • Qu'il ne sert à rien de laisser pleurer un bébé pour qu'il apprenne à faire ses nuits (dressage du sommeil). En fait, un bébé n'a pas du tout les mêmes cycles du sommeil que ses parents, et il se réveille donc beaucoup plus fréquemment. C'est normal et ce n'est pas au bébé de s'adapter, mais à l'adulte de le faire. Il ne faut jamais oublier qu'un bébé n'a qu'un seul moyen pour se faire comprendre et c'est de pleurer. Si vous le laissez pleurer et donc que vous refusez de répondre au besoin qu'il exprime, certes, il finira par se taire (au bout de quelques jours) mais pas pour les bonnes raisons. Il n'aura pas appris à s'endormir seul, il aura appris que personne n'est là pour lui, et cela créé une très grosse angoisse qu'il n'est pas en mesure de gérer et qui se traduira probablement par des troubles anxieux plus tard.
  • Que les punitions sont inutiles et inefficaces. Souvent, quand un enfant a un mauvais comportement, on pense à corriger le comportement et c'est tout. Or, il faut considérer le mauvais comportement comme le symptôme d'un sentiment. Votre enfant frappe un ami parce que ce dernier lui a pris son jouet? Au lieu de le punir d'avoir frappé et d'ignorer son sentiment d'injustice, dites-lui plutôt que vous comprenez sa frustration de s'être fait voler son jouet, mais que frapper son ami n'est pas une bonne façon de régler le problème. Apprenez-lui à dire «non, c'est à moi». Intervenez aussi auprès de l'ami qui a volé le jouet en lui expliquant qu'il faut attendre son tour et qu'il pourra jouer avec le jouet quand il ne sera plus utilisé. De cette façon, votre enfant se sentira compris dans ses émotions. Si vous ne faites que le punir, il apprendra surtout à ne pas se faire prendre sans toutefois distinguer ce qui est Bien de ce qui est Mal.
  • Qu'il ne sert à rien d'imposer une routine stricte à un enfant, il faut plutôt suivre son rythme. Il y a des jours où vous n'avez pas envie de dormir et d'autres où vous passeriez la journée au lit? C'est la même chose pour votre bébé. Il est inutile d'essayer d'endormir un bébé (même si c'est l'heure de la sieste) s'il ne présente aucun signe de fatigue, comme il ne sert à rien de tenter de le tenir éveillé s'il est épuisé. Apprenez à connaitre les signaux de votre bébé et suivez son rythme, tout sera tellement plus simple.
  • Qu'en enfant qui fait une crise au resto, à l'épicerie ou dans quelconque endroit public n'est pas en train d'exiger des bonbons (même si c'est ce qu'il dit), il est juste complètement dépassé par la sur-stimulation et ne sait pas où diriger son énergie. Le secret? Occupez et impliquez votre coco. Au resto, ayez toujours un livre, un jouet ou même des trucs à grignoter pour l'occuper. À l'épicerie, laissez le jouer avec des articles qu'il ne peut endommager (une boîte de conserve fera l'affaire) ou s'il est un peu plus vieux, préparez-lui une liste juste pour lui avec des images, il aura ainsi pour mission de trouver tous les articles sur sa liste. Oui, c'est plus d'organisation, mais vous serez récompensés par sa bonne humeur et par la légèreté de l'ambiance!
  • Que le cododo est loin d'être aussi dangereux qu'on nous le laisse croire, et même que c'est bénéfique pour un bébé. Quand on y pense, nous sommes des mammifères, et il n'y a pas un humain plus près de ses instincts animal qu'un bébé humain. Connaissez-vous un seul bébé mammifère qui dort seul, loin de sa fratrie ou de sa mère? Moi non plus. Pourquoi on imposerait à un bébé d'aller contre sa nature alors? Dormez avec lui, ça le réconforte et ça va vous faciliter la vie pour l'allaitement! Si vous n'avez pas besoin de vous lever à chaque réveil de votre coco pour le faire boire, vous serez bien plus reposée le lendemain!


Au final, ma bibliothèque est bien remplie, et ce n'est qu'un début. Toutes mes lectures me sont des atouts précieux. Ils me permettent de me faire une tête sur des situations avant qu'elles ne se présentent, et donc je me sens bien (et mieux) outillée le moment venu. Si j'agissais sur l'impulsion du moment, probablement que mes interventions ne seraient pas à la hauteur de la mère compréhensive, attentive, enjouée, relaxe, «guidante» que je veux être. L'instinct, c'est bien; l'instinct et la connaissance, c'est mieux!

mardi 12 mai 2015

J'suis fatigué

Mise en contexte: Papa-Hibou a un emploi exigeant. Il travaille souvent le soir pour régler des problèmes, il a beaucoup de responsabilité sur les épaules, il est sur appel 24h/24.

Aujourd'hui, il travaillait de la maison (vive l'informatique, il peut travailler à distance!) et a fini tard (18h30). Quand il a eu terminé et qu'il est enfin venu nous rejoindre, Bébé-Hibou et moi, j'étais contente qu'il puisse passer un peu de temps avec son fils avant le dodo.

Autre mise en contexte: la semaine, il est en charge du bain; la fin de semaine, c'est ma job.

Quand j'ai regardé mon fils et que je lui ai dit «t'es chanceux mon coco, Papa a fini de travailler et va pouvoir passer un beau moment avec toi pour ton bain», mon chum m'a regardé, l'air un peu trop piteux et m'a répondu: «ah non, pas ce soir, j'suis fatigué».

Ah ben VIARGE!

Moi là, j'peux pas décider de pas me lever un matin parce que je suis fatiguée. Je ne peux pas décider de ne pas faire manger le p'tit parce que ça ne me tente pas, je n'ai pas le droit d'être trop fatiguée pour changer une couche, donner du réconfort, jouer, lire des histoires. Je ne peux pas décider de bafouer ma job de mère sous prétexte que je manque de sommeil. Pourquoi lui il pourrait?

Moi aussi, des fois, j'aurais besoin de respirer, de dormir, mais j'peux pas. Anyway, j'suis juste une mère au foyer. J'fais rien qu'ça moi, me reposer.

Fin de la montée de lait.

PS: règle générale, Papa-Hibou est très impliqué auprès de son fils. Il joue beaucoup avec lui, le porte, etc. Aujourd'hui est un évènement isolé. Frustrant certes, mais isolé. Jusqu'à sa prochaine journée épuisante.

jeudi 23 avril 2015

La crème du docteur Newman, version maison sans prescription!

Allaiter comporte parfois son lot d'inconforts, et quand on a à coeur de donner du lait maternel à notre enfant, les blessures deviennent pénibles à endurer. En ce qui me concerne, ce sont les dents de mon coco qui me font serrer des poings pendant les boires. Il a malheureusement réussi à me blesser, et il me fallait vite une solution puisque chaque tétée empirait le problème et accentuait la douleur.

J'ai parlé à ma pharmacienne de la crème du docteur Newman, j'avais entendu qu'elle était miraculeuse pour les douleurs liées à l'allaitement. Il semblerait que cette crème nécessite une prescription, mais ses composantes (ou des équivalents) sont en vente libres. Bingo!

Je vous partage donc une recette qui pourrait bien sauver votre allaitement, avec des produits que vous avez probablement déjà dans votre pharmacie.

Vous aurez besoin de:
- Antifongique (Canesten, Clotrimaderm ou autre)
- Onguent antibiotique (Polysporin)
- Crème d'hydrocortisone.

Il suffit de mélanger les 3 ingrédients à parts égales et d'appliquer la crème ainsi obtenue en couche mince deux fois par jour, après une tétée.

La crème se conserve très bien dans un petit contenant.

Vous m'en donnerez des nouvelles!

mardi 21 avril 2015

Quand t'as le sentiment d'être un truck de vidange, t'es dans la mauvaise direction

Depuis quelques semaines, Bébé-Hibou est difficile à vivre. J'imagine que c'est une passe normale et que ça va passer. Reste qu'en ce moment, je ne vois pas le bout et que souvent, j'en ai marre.

Il pleure beaucoup, se plaint tout le temps, n'est jamais heureux. Demande à être pris, puis à être remis par terre, et encore, et encore. Demande Papa, puis veut plutôt Maman, encore et encore. Est fatigué, mais refuse de dormir. Refuse de manger. Se met constamment en colère et fait des gestes violents (lance des objets brusquement en hurlant, se débat...). J'ai beaucoup de mal à garder ma patience, ma bienveillance, et surtout ma philosophie maternante dans cette situation qui n'en finit plus.

La semaine dernière, complètement à bout, ayant besoin d'une pause, j'attendais la sieste avec impatience. Le moment venu, bébé refuse de dormir. Je l'ai déposé dans son lit malgré ses protestations, et j'ai quitté la chambre, un sentiment proche de la rage au ventre.

Il a pleuré à s'époumoner, hurlé du plus fort qu'il pouvait. Et je l'ai laissé là. J'ai pas d'excuse, mais j'en avais ma claque. Au bout de 15 minutes, je me raisonne et me souviens que le laisser-pleurer n'est pas une solution acceptable, jamais. Je suis allée chercher mon bébé tout rouge, les yeux bouffis, morveux et baveux de pleurs paniqués, et il a fait sa sieste sur moi.

Mais ce fut une grave, très grave erreur de le laisser pleurer comme ça, en panique. Maintenant, il a peur de son lit. Quand je veux le coucher, dès que j'esquisse le mouvement de le déposer, il se remet à paniquer et à hurler. Même s'il était profondément endormi dans mes bras au départ. Il se réveille en sursaut et hurle. Depuis près d'une semaine donc, il dort sur moi, jour et nuit. Je m'en veux horriblement, j'ai l'impression de l'avoir traumatisé avec mon besoin de respirer.

Ma pharmacienne m'a conseillé le 5-10-15. Hors de question.

Son employée m'a parlé de la technique de la chaise, qui consiste à laisser bébé dans son lit, mais à rester assise près de lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, sans lui parler. Puis de reculer la chaise au fil du temps jusqu'à être à l'extérieur de la chambre. Je trouvais ça déjà un peu mieux comme solution, et j'ai décidé de tenter le coup, sauf que moi je chanterais sa berceuse.

1h30. 1h30 à le regarder hurler, s'époumonner, paniquer malgré ma présence que je voulais la plus réconfortante possible. Je chantais doucement sa berceuse qu'il ne pouvait entendre que lorsqu'il reprenait son souffle, je faisais des shhh en le regardant le plus tendrement possible. Au bout d'1h30, il s'est endormi, mais d'épuisement d'avoir tant pleuré. Un sommeil nerveux. J'ai eu beaucoup de mal à sortir de la chambre, il vérifiait ma présence constamment. Il avait beau dormir, j'avais quand même échoué à ce qu'il se sente en sécurité dans son lit.

Je me suis dit que la fois suivante allait être mieux, mais je n'étais quand même pas fière de moi, je n'avais pas consolé mon coco. La fois suivante a été pire que la première. Au bout de 2h de pleurs, pleine de pitié pour mon coco mais surtout de culpabilité d'être si cruelle, j'ai cédé (ou plutôt je nous ai respecté mon fils et moi) et je l'ai amené avec moi pour qu'il finisse sa nuit. Et je me suis fait une promesse qui va devenir ma ligne directrice pour son éducation: si une «méthode» me fait me sentir comme un truck de vidanges, c'est que ce n'est pas la bonne chose à faire.

Et maintenant, en plus de la passe de comportement difficile de mon coco, je dois traiter l'insécurité que j'ai créée. Et je dois me souvenir que si j'ai envie de respirer, ça ne doit pas être aux dépends de Bébé-Hibou, sinon je vais en payer le prix pour une durée indéterminée... Et je le mérite.

mercredi 25 mars 2015

Mon bébé de 9 mois mange de la poutine

Chère bonne femme abasourdie que j'ai vue me regarder de travers à la foire alimentaire du centre d'achat, j'ai bien vu que tu me jugeais négativement avec tes grands yeux indiscrets, insistants et révoltés quand j'ai donné un peu de poutine à mon joyeux bambin de neuf mois.

J'imagine, chère bonne femme, que tu fais partie de ces mères qui ont élevé leurs enfants sans jamais leur donner autre chose que de la nourriture bio, et donc le fait que je te voie dans la file d'attente du Valentine est une pure coïncidence et n'a rien à voir avec ton mode de vie. Bienvenue au club!

Sache, chère bonne femme, que mon fils de 9 mois mange exactement la même chose que ses parents et que, pour lui, nous avons revu nos habitudes alimentaires. Pour lui, nous mangeons beaucoup plus de légumes qu'auparavant, je m'assure de concevoir des menus qui contiennent tous les groupes alimentaires, nous utilisons moins de gras, de sucre et de sel que nous en avions l'habitude. Tout, chez nous, est fait maison: je suis fière de dire que je n'ai jamais donné de petit pot à Bébé-Hibou, et tous les repas que nous consommons sont faits par nous de A à Z. Pas de p'tite sauce en sachet, pas de repas congelés/en canne, uniquement des ingrédients de base.

Mais on est humain, et des fois, on aime ça se gâter. La majorité du temps, on le fait avec un brownie frais quand le p'tit est couché, parce qu'on sait trop bien qu'il va nous en demander s'il nous voit en manger. Avant la naissance de Bébé-Hibou, on avait l'habitude de se bourrer la face dans la malbouffe de temps à autres, habitude qu'on a presque totalement abandonné. Parce qu'on réalise, avec l'obligation de donner une partie de notre repas à notre progéniture, qu'il n'y a absolument rien de bon là-dedans.

Quand tu m'as vue avec mon bébé et ma poutine, chère bonne femme, du haut de ta face pleine de jugement, tu ne savais pas que c'était ma première poutine (et malbouffe du genre) depuis que mon fils mange. Tu ne savais pas non plus que même si je lui avais préparé un super lunch boosté aux vitamines, il n'en aurait pas voulu parce que ça ne serait pas venu de mon assiette. Et par-dessus tout, chère bonne femme, tu ne sais absolument rien de comment mon fils est nourri à la maison, et tu ne sais pas que pour lui, je me prive de petites gâteries qui sont devenues rares au point d'être inoffensives.

Alors oui, j'ai donné de la poutine à mon bébé de neuf mois pour la première fois. La deuxième ne sera pas de sitôt, mais il y en aura certainement une, et une autre. Parce qu'une vie équilibrée passe par le déséquilibre, et qu'une bonne poutine, c'est peut-être pas bon pour l'organisme, mais ça l'est pour le moral.

Sur ce, bourre-toi la face dans tes hotdogs au ketchup. J'imagine que pour toi aussi, une fois n'est pas coutume.

lundi 16 mars 2015

Une première oeuvre d'art

Papa-Hibou commande souvent sur Internet. La dernière fois, son colis est arrivé dans une immense boîte. Il fallait lui trouver une utilité!

J'ai décidé d'en faire un outil de bricolage anti-dégât. La place idéale pour se beurrer sans salir autour. Bébé-Hibou allait faire sa première oeuvre d'art.

Si vous n'avez pas de boîte géniale comme la mienne, une nappe fera l'affaire pour protéger votre plancher. Sinon, vous aurez besoin d'une toile et de peinture aux couleurs de votre choix. Moi j'ai pris ce qui fonctionnerait le mieux pour décorer mon salon (oui oui).

Laissez simplement tomber de la peinture sur la toile au gré de votre fantaisie, donnez la toile à votre petit, et laissez-le s'amuser. Ensuite, bon bain!




lundi 9 mars 2015

C'est la fin de semaine tous les jours

Sans me le dire, je sais que Papa-Hibou le pense, sans mépris ni jalousie. Je sais que pour lui, c'est un fait que pour moi, c'est la fin de semaine tous les jours.

Il a raison dans un sens. Je n'ai pas d'horaire, je vis tous les jours au rythme de mon fils. Je n'ai pas la pression de répondre à des «dead lines» précis. C'est vrai que je perds la notion du temps et que j'essaie autant que possible d'écarter le stress de ma vie. Mes plus gros projets sont de faire les courses ou de me taper une journée de lavage. Ma plus grosse inquiétude est de me demander ce que je vais préparer pour le souper. Pour le reste, c'est Bébé-Hibou qui décide: l'heure des repas, de jeu, de sieste, etc. C'est aussi lui qui décide s'il est de bonne ou de mauvaise humeur, et c'est à moi de faire avec.

L'envers de la médaille

Si c'est la fin de semaine tous les jours, ça veut aussi dire que si un matin Bébé-Hibou décide de se lever à 5h30 pour X raison, ben je dois aussi me lever à 5h30 alors que Papa se prélasse jusqu'à 8h00 parce que c'est samedi matin. Comme samedi dernier quand il s'est réveillé en hurlant, super bougon parce que deux dents étaient en train de percer.

Au réveil de Papa, Bébé-Hibou est claqué, c'est l'heure de la sieste, ben oui déjà. Et Papa-Hibou, en plus d'avoir fait la grasse matinée, d'avoir pu se réveiller tranquillement, peut prendre son café en paix, lire ses courriels sans se faire hurler dessus, manger son déjeuner sans avoir à se lever 25 fois entre deux bouchées pour répondre aux besoins de son fils.

Et pendant que Bébé-Hibou fait la sieste, je ramasse les restes du déjeuner, lave la chaise haute pour qu'elle soit prête pour le diner, me prépare un deuxième café en espérant le boire chaud, coupe les griffes du chien, nettoie la litière des chats, sors les poubelles...

Je sais que Papa-Hibou a de grosses responsabilités au boulot, il travaille fort et ça lui demande beaucoup d'énergie. Je sais que pour lui, la fin de semaine le fait décrocher de son quotidien. Que pour lui, mes p'tites tâches ménagères sont de la p'tite bière à côté de ce qu'il accompli quotidiennement au travail. Mais...


Ce que je lui envie

Le fait de pouvoir décrocher de son quotidien toutes les semaines. (Il y a plus de 8 mois maintenant que je suis ancrée dans le même quotidien, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24)

Le fait de pouvoir dormir toutes ses nuits sans interruption (ça se passe d'explication)

Le fait de pouvoir se coucher tard s'il le désire (dans mon cas, c'est une mauvaise idée. Bébé-Hibou ne fera pas la grasse matinée pour m'accommoder)

Le fait de pouvoir se réveiller au son de la musique douce qu'il a choisie comme réveille-matin. (Je me réveille au son d'un hurlement soudain et pressant)

Le fait de pouvoir «snoozer» autant de fois qu'il le désire. (Si je ne me lève pas au premier appel de mon fils, je prends le risque de vivre avec sa mauvaise humeur toute la matinée)

Le fait de pouvoir s'asseoir pour manger, et de manger tout son repas sans se lever.

Le fait de pouvoir manger sans se faire hurler dessus, même s'il est limité dans le temps au travail.

Le fait de pouvoir avoir une vie sociale, même si c'est au travail. (Mes amis les plus proches habitent à deux heures de route, même chose pour la famille. Ma vie sociale quotidienne se limite aux médias sociaux et aux caissières quand je fais mes courses)

Le fait de pouvoir s'isoler des cris au sous-sol. (Peu importe l'humeur de Bébé-Hibou, j'ai pas le choix de faire avec et de rester avec lui. La gestion de crise, c'est ma job)

Le fait d'être avec fiston uniquement, ou presque, quand il est joyeux et joueur (voir l'explication précédente)

Le fait que son linge soit lavé et plié, que la maison soit à peu près entretenue, que les courses soient faites sans qu'il ait eu à lever le p'tit doigt.

AJOUT:

Le fait de pouvoir prendre une douche sans se presser, sans entendre hurler, sans devoir constamment ouvrir la porte et faire des coucous pour divertir fiston

Le fait de pouvoir aller faire sa petite affaire aux toilettes en paix

etc.

Maman et fière de l'être

Mais j'ai aussi l'immense privilège de voir mon fils évoluer à chaque jour. Je vois notre relation s'intensifier et notre communication s'améliorer, je vois ses expressions de plaisir, je l'entends gazouiller, je découvre les aliments qu'il préfère, ce qui le captive. Je vois que pour lui, je suis tout.

Et pour  tout ça et bien plus encore, je ne veux être nulle part au monde si ce n'est près de mon fils. Oui c'est dur, oui j'ai besoin d'un break parfois, oui j'envie souvent papa. Mais je suis une maman, et je suis fière de ce que je suis, et je suis surtout fière d'élever mon fils moi-même. Je suis fière de ce qu'il accomplit tous les jours. Je suis fière de faire tout en mon pouvoir pour en faire un enfant confiant, heureux, curieux, affectueux, respectueux...

Je suis fière d'avoir fait pause sur ma vie pour me consacrer à celle de mon fils, sauf que vivre chaque jour comme si c'était la fin de semaine, c'est pas reposant pour autant. Aussi bien dire que c'est tous les jours un jour de semaine.