Il y a un an aujourd'hui, j'entrais à l'hôpital pour enfin rencontrer le petit être qui vivait en moi depuis déjà 9 mois. Il y a un an aujourd'hui que ma vie a pris un virage définitif vers l'aventure de la maternité.
Il y a un an, je venais de passer toute ma grossesse à lire et m'informer sur tous les aspects de la vie des bébés, et je me sentais donc bien préparée à la naissance de Bébé-Hibou. Aujourd'hui, je vois bien que je ne savais pas grand chose. Être parent s'apprend au jour le jour.
Ces 365 derniers jours ont été bien remplis: de la fatigue, des nuits très courtes, des petites et grandes remises en questions, des découragements, plein d'essais-erreurs, beaucoup d'inquiétude (souvent pour pas grand'chose)... Mais aussi beaucoup de petits bonheurs, tout plein de bisous mouillés, de petites et grandes victoires (il dort TOUTE la nuit depuis 2-3 semaines!!!), et tellement, tellement de fierté pour chaque petit accomplissement.
Et surtout, pendant cette année, j'ai découvert l'ampleur de l'amour d'une mère pour son enfant, et jamais je n'aurais pu imaginer que ça pouvait être aussi fort.
Mon coco fêtera son tout premier anniversaire demain déjà. J'ai l'impression que sa naissance date d'hier tellement le temps passe vite. Et en même temps c'est comme s'il avait toujours été là, comme si ma «vie d'avant» n'avait jamais existé.
Bonne fête mon (si) grand garçon, Maman t'aime gros comme le ciel!
Je suis une jeune femme nouvellement maman qui a fait le choix de rester à la maison pour élever mes enfants. Suivez ici mes déboires (parce qu'il y en aura sûrement), anecdotes, coups de coeur, coups de gueule, recettes testées et approuvées par la maisonnée, et ainsi de suite en lien avec la maternité et la vie de ma petite famille. Vous pouvez aussi aimer ma page Facebook (cherchez «Maman Hibou») afin d'être rapidement informés de la publication d'un nouveau billet.
mardi 23 juin 2015
lundi 1 juin 2015
Quand la personne disparait pour laisser place à la mère
Dernièrement, on m'a demandé comment j'allais, ce qu'il y avait de nouveau dans ma vie. Je me suis mise à parler fièrement de Bébé-Hibou, de sa façon de marcher avec appui, de ses tentatives pour dire des mots, de ses fous rires communicateurs, de ses mimiques.
Puis j'ai réalisé qu'au moment où je suis devenue mère, j'ai tout, tout, TOUT investi dans mon fils, au point de m'effacer moi. Qu'est-ce qui se passe dans ma vie, en-dehors de celle de mon fils? Rien du tout. Nos deux vies sont totalement liées, je lui dois tous mes bonheurs, toutes mes raisons d'être fière de lui et de moi, ma fatigue ou mon énergie. Tout ce que je fais est en fonction de lui, de son rythme, de ce qu'il aime, de ce que j'ai envie de lui faire découvrir...
Je réalise que la personne que j'étais avant d'être mère est soit disparue, soit enfouie très loin. Et étrangement, ça ne me fait pas un pli. Quand je suis tombée enceinte, j'ai décidé que d'élever mes enfants serait mon plus gros projet de vie, que rien d'autre n'aurait autant d'importance. Et je suis une mère comblée.
Mais je ne suis plus rien d'autre qu'une mère. Et ce vide fait un peu peur, j'avoue.
Puis j'ai réalisé qu'au moment où je suis devenue mère, j'ai tout, tout, TOUT investi dans mon fils, au point de m'effacer moi. Qu'est-ce qui se passe dans ma vie, en-dehors de celle de mon fils? Rien du tout. Nos deux vies sont totalement liées, je lui dois tous mes bonheurs, toutes mes raisons d'être fière de lui et de moi, ma fatigue ou mon énergie. Tout ce que je fais est en fonction de lui, de son rythme, de ce qu'il aime, de ce que j'ai envie de lui faire découvrir...
Je réalise que la personne que j'étais avant d'être mère est soit disparue, soit enfouie très loin. Et étrangement, ça ne me fait pas un pli. Quand je suis tombée enceinte, j'ai décidé que d'élever mes enfants serait mon plus gros projet de vie, que rien d'autre n'aurait autant d'importance. Et je suis une mère comblée.
Mais je ne suis plus rien d'autre qu'une mère. Et ce vide fait un peu peur, j'avoue.
samedi 30 mai 2015
Il n'y a pas de cours pour devenir parents
Un jour que j'étais enceinte de Bébé-Hibou, ma cousine m'a dit que même s'il n'y avait pas de cours pour enseigner à être de bons parents, l'information existait et il fallait aller la chercher. Sur le coup, je me suis dit que l'instinct maternel me guiderait certainement dans la bonne voie. Oh, que j'étais loin de la vérité!
En fait, chaque jour, je suis un peu plus d'accord avec elle. Je me rends compte que la majorité des idées sur la maternité et l'éducation que j'avais avant de m'informer sur ces sujets auraient fait de moi la mère que je ne veux pas être. Une mère autoritaire, inattentive, intimidante.
S'il est vrai que les auteurs ne connaissent pas votre enfant et que chaque enfant (et parent) est différent, il n'y a rien à perdre à prendre connaissance des études sur la maternité et l'éducation. Les causes et les conséquences de divers comportements y sont expliqués et vous permettent de faire un choix éclairé pour vos interventions.
Voici quelques uns des sujets sur lesquels j'avais tout faux. Si je n'avais pas pris la peine de m'informer, je n'aurais jamais su que...
Au final, ma bibliothèque est bien remplie, et ce n'est qu'un début. Toutes mes lectures me sont des atouts précieux. Ils me permettent de me faire une tête sur des situations avant qu'elles ne se présentent, et donc je me sens bien (et mieux) outillée le moment venu. Si j'agissais sur l'impulsion du moment, probablement que mes interventions ne seraient pas à la hauteur de la mère compréhensive, attentive, enjouée, relaxe, «guidante» que je veux être. L'instinct, c'est bien; l'instinct et la connaissance, c'est mieux!
En fait, chaque jour, je suis un peu plus d'accord avec elle. Je me rends compte que la majorité des idées sur la maternité et l'éducation que j'avais avant de m'informer sur ces sujets auraient fait de moi la mère que je ne veux pas être. Une mère autoritaire, inattentive, intimidante.
S'il est vrai que les auteurs ne connaissent pas votre enfant et que chaque enfant (et parent) est différent, il n'y a rien à perdre à prendre connaissance des études sur la maternité et l'éducation. Les causes et les conséquences de divers comportements y sont expliqués et vous permettent de faire un choix éclairé pour vos interventions.
Voici quelques uns des sujets sur lesquels j'avais tout faux. Si je n'avais pas pris la peine de m'informer, je n'aurais jamais su que...
- Ce qu'on appelle généralement des caprices sont le symptôme d'autre chose. D'ailleurs, un caprice signifie que l'enfant manipule consciemment ses parents, ce qu'il n'est mentalement pas en mesure de faire avant l'âge d'au moins 4 ans. Ainsi, quand un bébé pleure la nuit et que son parent le prend dans ses bras, ce dernier ne vient pas de récompenser un caprice, il vient en fait de répondre au besoin de réconfort de son bébé. Même chose quand un bébé demande constamment les bras: il n'est pas en train de vous manipuler, il est probablement en pleine crise d'anxiété de séparation (ce qui est un très bon signe puisque ça signifie que le lien d'attachement est fort) et a besoin de savoir que vous êtes toujours là pour lui. Mon secret dans cette situation: le porte-bébé!
- Qu'il ne sert à rien de laisser pleurer un bébé pour qu'il apprenne à faire ses nuits (dressage du sommeil). En fait, un bébé n'a pas du tout les mêmes cycles du sommeil que ses parents, et il se réveille donc beaucoup plus fréquemment. C'est normal et ce n'est pas au bébé de s'adapter, mais à l'adulte de le faire. Il ne faut jamais oublier qu'un bébé n'a qu'un seul moyen pour se faire comprendre et c'est de pleurer. Si vous le laissez pleurer et donc que vous refusez de répondre au besoin qu'il exprime, certes, il finira par se taire (au bout de quelques jours) mais pas pour les bonnes raisons. Il n'aura pas appris à s'endormir seul, il aura appris que personne n'est là pour lui, et cela créé une très grosse angoisse qu'il n'est pas en mesure de gérer et qui se traduira probablement par des troubles anxieux plus tard.
- Que les punitions sont inutiles et inefficaces. Souvent, quand un enfant a un mauvais comportement, on pense à corriger le comportement et c'est tout. Or, il faut considérer le mauvais comportement comme le symptôme d'un sentiment. Votre enfant frappe un ami parce que ce dernier lui a pris son jouet? Au lieu de le punir d'avoir frappé et d'ignorer son sentiment d'injustice, dites-lui plutôt que vous comprenez sa frustration de s'être fait voler son jouet, mais que frapper son ami n'est pas une bonne façon de régler le problème. Apprenez-lui à dire «non, c'est à moi». Intervenez aussi auprès de l'ami qui a volé le jouet en lui expliquant qu'il faut attendre son tour et qu'il pourra jouer avec le jouet quand il ne sera plus utilisé. De cette façon, votre enfant se sentira compris dans ses émotions. Si vous ne faites que le punir, il apprendra surtout à ne pas se faire prendre sans toutefois distinguer ce qui est Bien de ce qui est Mal.
- Qu'il ne sert à rien d'imposer une routine stricte à un enfant, il faut plutôt suivre son rythme. Il y a des jours où vous n'avez pas envie de dormir et d'autres où vous passeriez la journée au lit? C'est la même chose pour votre bébé. Il est inutile d'essayer d'endormir un bébé (même si c'est l'heure de la sieste) s'il ne présente aucun signe de fatigue, comme il ne sert à rien de tenter de le tenir éveillé s'il est épuisé. Apprenez à connaitre les signaux de votre bébé et suivez son rythme, tout sera tellement plus simple.
- Qu'en enfant qui fait une crise au resto, à l'épicerie ou dans quelconque endroit public n'est pas en train d'exiger des bonbons (même si c'est ce qu'il dit), il est juste complètement dépassé par la sur-stimulation et ne sait pas où diriger son énergie. Le secret? Occupez et impliquez votre coco. Au resto, ayez toujours un livre, un jouet ou même des trucs à grignoter pour l'occuper. À l'épicerie, laissez le jouer avec des articles qu'il ne peut endommager (une boîte de conserve fera l'affaire) ou s'il est un peu plus vieux, préparez-lui une liste juste pour lui avec des images, il aura ainsi pour mission de trouver tous les articles sur sa liste. Oui, c'est plus d'organisation, mais vous serez récompensés par sa bonne humeur et par la légèreté de l'ambiance!
- Que le cododo est loin d'être aussi dangereux qu'on nous le laisse croire, et même que c'est bénéfique pour un bébé. Quand on y pense, nous sommes des mammifères, et il n'y a pas un humain plus près de ses instincts animal qu'un bébé humain. Connaissez-vous un seul bébé mammifère qui dort seul, loin de sa fratrie ou de sa mère? Moi non plus. Pourquoi on imposerait à un bébé d'aller contre sa nature alors? Dormez avec lui, ça le réconforte et ça va vous faciliter la vie pour l'allaitement! Si vous n'avez pas besoin de vous lever à chaque réveil de votre coco pour le faire boire, vous serez bien plus reposée le lendemain!
Au final, ma bibliothèque est bien remplie, et ce n'est qu'un début. Toutes mes lectures me sont des atouts précieux. Ils me permettent de me faire une tête sur des situations avant qu'elles ne se présentent, et donc je me sens bien (et mieux) outillée le moment venu. Si j'agissais sur l'impulsion du moment, probablement que mes interventions ne seraient pas à la hauteur de la mère compréhensive, attentive, enjouée, relaxe, «guidante» que je veux être. L'instinct, c'est bien; l'instinct et la connaissance, c'est mieux!
mardi 12 mai 2015
J'suis fatigué
Mise en contexte: Papa-Hibou a un emploi exigeant. Il travaille souvent le soir pour régler des problèmes, il a beaucoup de responsabilité sur les épaules, il est sur appel 24h/24.
Aujourd'hui, il travaillait de la maison (vive l'informatique, il peut travailler à distance!) et a fini tard (18h30). Quand il a eu terminé et qu'il est enfin venu nous rejoindre, Bébé-Hibou et moi, j'étais contente qu'il puisse passer un peu de temps avec son fils avant le dodo.
Autre mise en contexte: la semaine, il est en charge du bain; la fin de semaine, c'est ma job.
Quand j'ai regardé mon fils et que je lui ai dit «t'es chanceux mon coco, Papa a fini de travailler et va pouvoir passer un beau moment avec toi pour ton bain», mon chum m'a regardé, l'air un peu trop piteux et m'a répondu: «ah non, pas ce soir, j'suis fatigué».
Ah ben VIARGE!
Moi là, j'peux pas décider de pas me lever un matin parce que je suis fatiguée. Je ne peux pas décider de ne pas faire manger le p'tit parce que ça ne me tente pas, je n'ai pas le droit d'être trop fatiguée pour changer une couche, donner du réconfort, jouer, lire des histoires. Je ne peux pas décider de bafouer ma job de mère sous prétexte que je manque de sommeil. Pourquoi lui il pourrait?
Moi aussi, des fois, j'aurais besoin de respirer, de dormir, mais j'peux pas. Anyway, j'suis juste une mère au foyer. J'fais rien qu'ça moi, me reposer.
Fin de la montée de lait.
PS: règle générale, Papa-Hibou est très impliqué auprès de son fils. Il joue beaucoup avec lui, le porte, etc. Aujourd'hui est un évènement isolé. Frustrant certes, mais isolé. Jusqu'à sa prochaine journée épuisante.
Aujourd'hui, il travaillait de la maison (vive l'informatique, il peut travailler à distance!) et a fini tard (18h30). Quand il a eu terminé et qu'il est enfin venu nous rejoindre, Bébé-Hibou et moi, j'étais contente qu'il puisse passer un peu de temps avec son fils avant le dodo.
Autre mise en contexte: la semaine, il est en charge du bain; la fin de semaine, c'est ma job.
Quand j'ai regardé mon fils et que je lui ai dit «t'es chanceux mon coco, Papa a fini de travailler et va pouvoir passer un beau moment avec toi pour ton bain», mon chum m'a regardé, l'air un peu trop piteux et m'a répondu: «ah non, pas ce soir, j'suis fatigué».
Ah ben VIARGE!
Moi là, j'peux pas décider de pas me lever un matin parce que je suis fatiguée. Je ne peux pas décider de ne pas faire manger le p'tit parce que ça ne me tente pas, je n'ai pas le droit d'être trop fatiguée pour changer une couche, donner du réconfort, jouer, lire des histoires. Je ne peux pas décider de bafouer ma job de mère sous prétexte que je manque de sommeil. Pourquoi lui il pourrait?
Moi aussi, des fois, j'aurais besoin de respirer, de dormir, mais j'peux pas. Anyway, j'suis juste une mère au foyer. J'fais rien qu'ça moi, me reposer.
Fin de la montée de lait.
PS: règle générale, Papa-Hibou est très impliqué auprès de son fils. Il joue beaucoup avec lui, le porte, etc. Aujourd'hui est un évènement isolé. Frustrant certes, mais isolé. Jusqu'à sa prochaine journée épuisante.
jeudi 23 avril 2015
La crème du docteur Newman, version maison sans prescription!
Allaiter comporte parfois son lot d'inconforts, et quand on a à coeur de donner du lait maternel à notre enfant, les blessures deviennent pénibles à endurer. En ce qui me concerne, ce sont les dents de mon coco qui me font serrer des poings pendant les boires. Il a malheureusement réussi à me blesser, et il me fallait vite une solution puisque chaque tétée empirait le problème et accentuait la douleur.
J'ai parlé à ma pharmacienne de la crème du docteur Newman, j'avais entendu qu'elle était miraculeuse pour les douleurs liées à l'allaitement. Il semblerait que cette crème nécessite une prescription, mais ses composantes (ou des équivalents) sont en vente libres. Bingo!
Je vous partage donc une recette qui pourrait bien sauver votre allaitement, avec des produits que vous avez probablement déjà dans votre pharmacie.
Vous aurez besoin de:
- Antifongique (Canesten, Clotrimaderm ou autre)
- Onguent antibiotique (Polysporin)
- Crème d'hydrocortisone.
Il suffit de mélanger les 3 ingrédients à parts égales et d'appliquer la crème ainsi obtenue en couche mince deux fois par jour, après une tétée.
La crème se conserve très bien dans un petit contenant.
Vous m'en donnerez des nouvelles!
J'ai parlé à ma pharmacienne de la crème du docteur Newman, j'avais entendu qu'elle était miraculeuse pour les douleurs liées à l'allaitement. Il semblerait que cette crème nécessite une prescription, mais ses composantes (ou des équivalents) sont en vente libres. Bingo!
Je vous partage donc une recette qui pourrait bien sauver votre allaitement, avec des produits que vous avez probablement déjà dans votre pharmacie.
Vous aurez besoin de:
- Antifongique (Canesten, Clotrimaderm ou autre)
- Onguent antibiotique (Polysporin)
- Crème d'hydrocortisone.
Il suffit de mélanger les 3 ingrédients à parts égales et d'appliquer la crème ainsi obtenue en couche mince deux fois par jour, après une tétée.
La crème se conserve très bien dans un petit contenant.
Vous m'en donnerez des nouvelles!
mardi 21 avril 2015
Quand t'as le sentiment d'être un truck de vidange, t'es dans la mauvaise direction
Depuis quelques semaines, Bébé-Hibou est difficile à vivre. J'imagine que c'est une passe normale et que ça va passer. Reste qu'en ce moment, je ne vois pas le bout et que souvent, j'en ai marre.
Il pleure beaucoup, se plaint tout le temps, n'est jamais heureux. Demande à être pris, puis à être remis par terre, et encore, et encore. Demande Papa, puis veut plutôt Maman, encore et encore. Est fatigué, mais refuse de dormir. Refuse de manger. Se met constamment en colère et fait des gestes violents (lance des objets brusquement en hurlant, se débat...). J'ai beaucoup de mal à garder ma patience, ma bienveillance, et surtout ma philosophie maternante dans cette situation qui n'en finit plus.
La semaine dernière, complètement à bout, ayant besoin d'une pause, j'attendais la sieste avec impatience. Le moment venu, bébé refuse de dormir. Je l'ai déposé dans son lit malgré ses protestations, et j'ai quitté la chambre, un sentiment proche de la rage au ventre.
Il a pleuré à s'époumoner, hurlé du plus fort qu'il pouvait. Et je l'ai laissé là. J'ai pas d'excuse, mais j'en avais ma claque. Au bout de 15 minutes, je me raisonne et me souviens que le laisser-pleurer n'est pas une solution acceptable, jamais. Je suis allée chercher mon bébé tout rouge, les yeux bouffis, morveux et baveux de pleurs paniqués, et il a fait sa sieste sur moi.
Mais ce fut une grave, très grave erreur de le laisser pleurer comme ça, en panique. Maintenant, il a peur de son lit. Quand je veux le coucher, dès que j'esquisse le mouvement de le déposer, il se remet à paniquer et à hurler. Même s'il était profondément endormi dans mes bras au départ. Il se réveille en sursaut et hurle. Depuis près d'une semaine donc, il dort sur moi, jour et nuit. Je m'en veux horriblement, j'ai l'impression de l'avoir traumatisé avec mon besoin de respirer.
Ma pharmacienne m'a conseillé le 5-10-15. Hors de question.
Son employée m'a parlé de la technique de la chaise, qui consiste à laisser bébé dans son lit, mais à rester assise près de lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, sans lui parler. Puis de reculer la chaise au fil du temps jusqu'à être à l'extérieur de la chambre. Je trouvais ça déjà un peu mieux comme solution, et j'ai décidé de tenter le coup, sauf que moi je chanterais sa berceuse.
1h30. 1h30 à le regarder hurler, s'époumonner, paniquer malgré ma présence que je voulais la plus réconfortante possible. Je chantais doucement sa berceuse qu'il ne pouvait entendre que lorsqu'il reprenait son souffle, je faisais des shhh en le regardant le plus tendrement possible. Au bout d'1h30, il s'est endormi, mais d'épuisement d'avoir tant pleuré. Un sommeil nerveux. J'ai eu beaucoup de mal à sortir de la chambre, il vérifiait ma présence constamment. Il avait beau dormir, j'avais quand même échoué à ce qu'il se sente en sécurité dans son lit.
Je me suis dit que la fois suivante allait être mieux, mais je n'étais quand même pas fière de moi, je n'avais pas consolé mon coco. La fois suivante a été pire que la première. Au bout de 2h de pleurs, pleine de pitié pour mon coco mais surtout de culpabilité d'être si cruelle, j'ai cédé (ou plutôt je nous ai respecté mon fils et moi) et je l'ai amené avec moi pour qu'il finisse sa nuit. Et je me suis fait une promesse qui va devenir ma ligne directrice pour son éducation: si une «méthode» me fait me sentir comme un truck de vidanges, c'est que ce n'est pas la bonne chose à faire.
Et maintenant, en plus de la passe de comportement difficile de mon coco, je dois traiter l'insécurité que j'ai créée. Et je dois me souvenir que si j'ai envie de respirer, ça ne doit pas être aux dépends de Bébé-Hibou, sinon je vais en payer le prix pour une durée indéterminée... Et je le mérite.
Il pleure beaucoup, se plaint tout le temps, n'est jamais heureux. Demande à être pris, puis à être remis par terre, et encore, et encore. Demande Papa, puis veut plutôt Maman, encore et encore. Est fatigué, mais refuse de dormir. Refuse de manger. Se met constamment en colère et fait des gestes violents (lance des objets brusquement en hurlant, se débat...). J'ai beaucoup de mal à garder ma patience, ma bienveillance, et surtout ma philosophie maternante dans cette situation qui n'en finit plus.
La semaine dernière, complètement à bout, ayant besoin d'une pause, j'attendais la sieste avec impatience. Le moment venu, bébé refuse de dormir. Je l'ai déposé dans son lit malgré ses protestations, et j'ai quitté la chambre, un sentiment proche de la rage au ventre.
Il a pleuré à s'époumoner, hurlé du plus fort qu'il pouvait. Et je l'ai laissé là. J'ai pas d'excuse, mais j'en avais ma claque. Au bout de 15 minutes, je me raisonne et me souviens que le laisser-pleurer n'est pas une solution acceptable, jamais. Je suis allée chercher mon bébé tout rouge, les yeux bouffis, morveux et baveux de pleurs paniqués, et il a fait sa sieste sur moi.
Mais ce fut une grave, très grave erreur de le laisser pleurer comme ça, en panique. Maintenant, il a peur de son lit. Quand je veux le coucher, dès que j'esquisse le mouvement de le déposer, il se remet à paniquer et à hurler. Même s'il était profondément endormi dans mes bras au départ. Il se réveille en sursaut et hurle. Depuis près d'une semaine donc, il dort sur moi, jour et nuit. Je m'en veux horriblement, j'ai l'impression de l'avoir traumatisé avec mon besoin de respirer.
Ma pharmacienne m'a conseillé le 5-10-15. Hors de question.
Son employée m'a parlé de la technique de la chaise, qui consiste à laisser bébé dans son lit, mais à rester assise près de lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, sans lui parler. Puis de reculer la chaise au fil du temps jusqu'à être à l'extérieur de la chambre. Je trouvais ça déjà un peu mieux comme solution, et j'ai décidé de tenter le coup, sauf que moi je chanterais sa berceuse.
1h30. 1h30 à le regarder hurler, s'époumonner, paniquer malgré ma présence que je voulais la plus réconfortante possible. Je chantais doucement sa berceuse qu'il ne pouvait entendre que lorsqu'il reprenait son souffle, je faisais des shhh en le regardant le plus tendrement possible. Au bout d'1h30, il s'est endormi, mais d'épuisement d'avoir tant pleuré. Un sommeil nerveux. J'ai eu beaucoup de mal à sortir de la chambre, il vérifiait ma présence constamment. Il avait beau dormir, j'avais quand même échoué à ce qu'il se sente en sécurité dans son lit.
Je me suis dit que la fois suivante allait être mieux, mais je n'étais quand même pas fière de moi, je n'avais pas consolé mon coco. La fois suivante a été pire que la première. Au bout de 2h de pleurs, pleine de pitié pour mon coco mais surtout de culpabilité d'être si cruelle, j'ai cédé (ou plutôt je nous ai respecté mon fils et moi) et je l'ai amené avec moi pour qu'il finisse sa nuit. Et je me suis fait une promesse qui va devenir ma ligne directrice pour son éducation: si une «méthode» me fait me sentir comme un truck de vidanges, c'est que ce n'est pas la bonne chose à faire.
Et maintenant, en plus de la passe de comportement difficile de mon coco, je dois traiter l'insécurité que j'ai créée. Et je dois me souvenir que si j'ai envie de respirer, ça ne doit pas être aux dépends de Bébé-Hibou, sinon je vais en payer le prix pour une durée indéterminée... Et je le mérite.
mercredi 25 mars 2015
Mon bébé de 9 mois mange de la poutine
Chère bonne femme abasourdie que j'ai vue me regarder de travers à la foire alimentaire du centre d'achat, j'ai bien vu que tu me jugeais négativement avec tes grands yeux indiscrets, insistants et révoltés quand j'ai donné un peu de poutine à mon joyeux bambin de neuf mois.
J'imagine, chère bonne femme, que tu fais partie de ces mères qui ont élevé leurs enfants sans jamais leur donner autre chose que de la nourriture bio, et donc le fait que je te voie dans la file d'attente du Valentine est une pure coïncidence et n'a rien à voir avec ton mode de vie. Bienvenue au club!
Sache, chère bonne femme, que mon fils de 9 mois mange exactement la même chose que ses parents et que, pour lui, nous avons revu nos habitudes alimentaires. Pour lui, nous mangeons beaucoup plus de légumes qu'auparavant, je m'assure de concevoir des menus qui contiennent tous les groupes alimentaires, nous utilisons moins de gras, de sucre et de sel que nous en avions l'habitude. Tout, chez nous, est fait maison: je suis fière de dire que je n'ai jamais donné de petit pot à Bébé-Hibou, et tous les repas que nous consommons sont faits par nous de A à Z. Pas de p'tite sauce en sachet, pas de repas congelés/en canne, uniquement des ingrédients de base.
Mais on est humain, et des fois, on aime ça se gâter. La majorité du temps, on le fait avec un brownie frais quand le p'tit est couché, parce qu'on sait trop bien qu'il va nous en demander s'il nous voit en manger. Avant la naissance de Bébé-Hibou, on avait l'habitude de se bourrer la face dans la malbouffe de temps à autres, habitude qu'on a presque totalement abandonné. Parce qu'on réalise, avec l'obligation de donner une partie de notre repas à notre progéniture, qu'il n'y a absolument rien de bon là-dedans.
Quand tu m'as vue avec mon bébé et ma poutine, chère bonne femme, du haut de ta face pleine de jugement, tu ne savais pas que c'était ma première poutine (et malbouffe du genre) depuis que mon fils mange. Tu ne savais pas non plus que même si je lui avais préparé un super lunch boosté aux vitamines, il n'en aurait pas voulu parce que ça ne serait pas venu de mon assiette. Et par-dessus tout, chère bonne femme, tu ne sais absolument rien de comment mon fils est nourri à la maison, et tu ne sais pas que pour lui, je me prive de petites gâteries qui sont devenues rares au point d'être inoffensives.
Alors oui, j'ai donné de la poutine à mon bébé de neuf mois pour la première fois. La deuxième ne sera pas de sitôt, mais il y en aura certainement une, et une autre. Parce qu'une vie équilibrée passe par le déséquilibre, et qu'une bonne poutine, c'est peut-être pas bon pour l'organisme, mais ça l'est pour le moral.
Sur ce, bourre-toi la face dans tes hotdogs au ketchup. J'imagine que pour toi aussi, une fois n'est pas coutume.
J'imagine, chère bonne femme, que tu fais partie de ces mères qui ont élevé leurs enfants sans jamais leur donner autre chose que de la nourriture bio, et donc le fait que je te voie dans la file d'attente du Valentine est une pure coïncidence et n'a rien à voir avec ton mode de vie. Bienvenue au club!
Sache, chère bonne femme, que mon fils de 9 mois mange exactement la même chose que ses parents et que, pour lui, nous avons revu nos habitudes alimentaires. Pour lui, nous mangeons beaucoup plus de légumes qu'auparavant, je m'assure de concevoir des menus qui contiennent tous les groupes alimentaires, nous utilisons moins de gras, de sucre et de sel que nous en avions l'habitude. Tout, chez nous, est fait maison: je suis fière de dire que je n'ai jamais donné de petit pot à Bébé-Hibou, et tous les repas que nous consommons sont faits par nous de A à Z. Pas de p'tite sauce en sachet, pas de repas congelés/en canne, uniquement des ingrédients de base.
Mais on est humain, et des fois, on aime ça se gâter. La majorité du temps, on le fait avec un brownie frais quand le p'tit est couché, parce qu'on sait trop bien qu'il va nous en demander s'il nous voit en manger. Avant la naissance de Bébé-Hibou, on avait l'habitude de se bourrer la face dans la malbouffe de temps à autres, habitude qu'on a presque totalement abandonné. Parce qu'on réalise, avec l'obligation de donner une partie de notre repas à notre progéniture, qu'il n'y a absolument rien de bon là-dedans.
Quand tu m'as vue avec mon bébé et ma poutine, chère bonne femme, du haut de ta face pleine de jugement, tu ne savais pas que c'était ma première poutine (et malbouffe du genre) depuis que mon fils mange. Tu ne savais pas non plus que même si je lui avais préparé un super lunch boosté aux vitamines, il n'en aurait pas voulu parce que ça ne serait pas venu de mon assiette. Et par-dessus tout, chère bonne femme, tu ne sais absolument rien de comment mon fils est nourri à la maison, et tu ne sais pas que pour lui, je me prive de petites gâteries qui sont devenues rares au point d'être inoffensives.
Alors oui, j'ai donné de la poutine à mon bébé de neuf mois pour la première fois. La deuxième ne sera pas de sitôt, mais il y en aura certainement une, et une autre. Parce qu'une vie équilibrée passe par le déséquilibre, et qu'une bonne poutine, c'est peut-être pas bon pour l'organisme, mais ça l'est pour le moral.
Sur ce, bourre-toi la face dans tes hotdogs au ketchup. J'imagine que pour toi aussi, une fois n'est pas coutume.
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